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Visite explosive de « L’Aigle »

mercredi 31 août 2016, par Administrateur.

Article du Réveil Normand du mercredi 10 août 2016

Marine Nationale. Visite explosive de « L’Aigle »
Vendredi, , un navire de guerre anti-mines qui est en service depuis le 1 juillet 1987, accueillait un nouveau commandant à bord, Côme Deroide. L’occasion de faire une petite visite guidée, escorté par l’équipage pour comprendre la traque des mines.

Accosté au port de Brest, L’Aigle est là, à quai, en vacances (tout le monde en a besoin). A l’intérieur du navire de guerre, on se sent presque de trop, tant les couloirs sont étroits et tant il y a d’agitation. On a vite fait de se perdre. Il y a une cinquantaine d’hommes (et de femmes) à bord, mine de rien ça fait du monde. La ville de L’Aigle, ainsi que celle de Villeneuve-Loubet, sont marraines du navire depuis 1990 mais son nom n’a aucun rapport avec la municipalité aiglonne. C’est en fait le nom d’une constellation. Il y a aussi Orion, La Lyre, La Croix du Sud et bien d’autres… « Les bâtiments du même type ont une suite logique de noms », explique l’ancien Commandant du navire Thibaud Del Giudice.

Sur la route de l’or noire
L’Aigle est un bateau anti-mine. Son but est de sécuriser les mers et de traquer les bombes sous-marines. Même si ses missions principales restent des travaux de dépollution et la sécurisation de l’accès aux ports comme ceux de Brest, Le Havre et Dunkerque, il navigue parfois vers d’autres flots. Sa mission loin de nos terres la plus récente date de 2015, dans le golfe arabo-persique car tous les deux ans deux navires chasseurs de mines sont envoyés pour sécuriser les routes de l’or noir en cherchant les possibles mines sous-marines. « Notamment Abou Dabi car il y a le port, des avions et des pétroliers », expose François, le lieutenant de vaisseau. Les missions sont généralement de cinq jours sans ravitaillement « on est dépendant du gazole ». Leur prochaine mission dans le golfe, c’est en 2017 ! L’Aigle part aussi parfois en mission en mer baltique pour l’OTAN. Coopérer avec les autres nations permet de comparer les savoirs-faires. Sans être chauvin, il paraît que « nous avons de bons résultats, on va jusqu’au bout ».

Traquer les mines, c’est de la bombe
Sur les tableaux de bord, même à l’heure du numérique on voit encore des cartes maritimes papier mais le plus souvent ce sont des cartes électroniques qui sont utilisées, car les lieux sont mis à jour. Une base de données est à la disposition de l’équipage pour vérifier les lieux. Les « objets » connus y sont répertoriés. Le but est de voir si quelque chose de nouveau est apparu depuis leur dernière visite, comme une pierre emportée par la marée ou bien plus grave, une nouvelle mine. Les bases de données américaines et britanniques sont identiques aux nôtres « on travaille plus vite », pratique quand on avance en terrain miné. Une fois sur les lieux, quand il est en pleine chasse, le bateau ralentit, pour pouvoir avoir le temps de bien analyser les alentours. « S’il n’y a pas de base de données le balayage de la zone est plus long car il faut s’assurer qu’il n’y a aucun danger », explique François. Le rapace sait se faire discret. Il se déplace de deux façons, au diesel quand il est en transit, mais il navigue à l’électrique quand il est en pleine chasse pour éviter « les bruits et le magnétisme du bateau, il faut le moins de ferraille possible pour ne pas se faire repérer ».

Pour repérer les éléments suspects, c’est simple… sur le papier. Il « suffit » de déterminer la forme du signalement sur le radar en s’en approchant ou en tournant autour « une pierre n’est pas rectangulaire ». Les ombres détectées par le radar indiquent sa forme et permettent d’avoir une première idée sur la nature de l’objet. Le sonar détecte les objets entre 500 et 900 m de portée.

Comme un poisson dans l’eau
Une fois l’objet repéré on envoie les PAP (les Poissons Auto Propulsés), ils sont en forme de mini sous-marins jaunes, et n’ont aucun rapport avec les Beatles. Ils font un peu moins de trois mètres de long pour un poids de 700 kg. Accompagnés par des plongeurs démineurs au début de leur aventure, ils sont ensuite télécommandés en cabine. Équipés d’une caméra ils permettent une meilleure vision du fond de l’eau et de l’objet suspect pour l’équipage et ils sont aptes à déposer des charges de destruction au plus près des cibles détectées.

Hugo Blin

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